Pourquoi le prix du vaccin contre la grippe a presque doublé



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Le virus de la grippe provoque chaque année des milliers de décès en France : 13.000 lors de la saison grippale 2017-2018, 14.400 l’année précédente. Or à peine la moitié des 12 millions de personnes à risque (personnes âgées de plus de 65 ans, malades chroniques ou souffrant d’obésité sévère et femmes enceintes) sont vaccinées, loin des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (75%). Pour ces personnes, le vaccin est gratuit. En revanche pour les autres, il faut débourser 10,11 euros en 2018, soit près du double du prix de la saison précédente ! Une hausse de tarif qui s’explique par le fait que le vaccin version 2018 a un “truc en plus” : il contient quatre souches vaccinales, et non trois comme l’an pbadé.

Le changement de vaccin contre la grippe : une recommandation de l’OMS

Le vaccin contre la grippe contient toujours des souches de virus inactivé de type A (divisés en sous-groupes, principalement H1N1 et H3N2) et B. Les années précédentes, les vaccins vendus en France contenaient 3 souches (2 souches A et 1 souche B) – on parle de vaccins “trivalents”. Mais pour la saison 2018-2019, les laboratoires ont fabriqué des vaccins “tétravalents”, contenant donc 4 souches (2 souches A et 2 souches B). Trois sont disponibles en pharmacie : InfluvacTetra (Mylan), FluarixTetra (GSK) et VaxigripTetra (Sanofi).

Le pbadage de vaccins trivalents à tétravalents s’explique par une recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’autorité de santé a en effet demandé aux laboratoires l’ajout d’une deuxième souche B. En enrichissant leur produit, les fabricants ont vu leurs coûts de production augmenter, et ces derniers se répercutent sur le consommateur (et à la collectivité quand les vaccins sont pris en charge).

Un vaccin plus protecteur statistiquement

Pourquoi rajouter une souche dans le vaccin ? Tout simplement pour mieux protéger les populations de l’évolution du virus de la grippe. En fait, chaque année, la composition du vaccin contre la grippe change. L’OMS badyse les données de ses 143 centres nationaux de la grippe, répartis dans 114 pays et regroupés au sein d’un réseau appelé GISRS (“Global Influenza Surveillance and Response System”). C’est lui qui serait mobilisé en cas de pandémie comme celle de la grippe espagnole, dont on commémore le centenaire. Ces centres surveillent la circulation des virus et collectent des prélèvements sur des patients (sécrétions dans la gorge, le nez…). Ils transmettent leurs données aux six “centres collaborateurs” mondiaux, pour aboutir aux recommandations. Deux fois par an, l’OMS émet ses recommandations sur la composition des vaccins antigrippe pour l’hiver suivant : en février pour l’hémisphère nord et en septembre pour l’hémisphère sud. C’est sur cette base que sont élaborés les vaccins par les laboratoires pharmaceutiques (la méthode, traditionnelle, consiste à cultiver les virus dans des oeufs de poule !). Puis ils seront administrés à des millions de personnes à partir d’octobre. Plus les virus composant les vaccins correspondent à ceux qui circuleront à ce moment-là, plus la vaccination sera efficace. Cette équation est simple, mais comporte une grosse inconnue : il est impossible de dire avec certitude quelles souches circuleront réellement durant l’hiver.

La plupart du temps, les souches circulantes dominantes sont les souches A. C’est pourquoi seule une souche B, la plus susceptible de circuler, était ajoutée au vaccin. Mais parfois, la souche B choisie n’est pas celle qui a circulé… Dans certains cas, les souches B et A sont proches génétiquement, ce qui rend le vaccin tout de même plutôt efficace contre cette souche (les scientifiques parlent d’immunisation croisée). Toutefois, dans d’autres cas, les souches sont trop distinctes génétiquement pour que le vaccin reste efficace contre la souche B circulante.

Si cet ajout de souche rend statistiquement le vaccin plus protecteur, sa valeur ajoutée comparée au vaccin trivalent est contestée par certains membres du corps médical, dont le Syndicat national des jeunes médecins généralistes, qui indique dans un communiqué : “la Haute Autorité de Santé a estimé dans ses avis des 07 mars et 11 juillet 2018 que : “Au vu des données disponibles, ils n’apportent pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport aux vaccins trivalents inactivés disponibles indiqués dans la prévention de la grippe”. Pour l’heure, le vaccin que vous trouverez en pharmacie est composé d’un virus de type A(H1N1) prélevé en 2015 au Michigan (États-Unis), d’un de type A(H3N2) prélevé en 2016 à Singapour, d’un de type B prélevé en 2017 au Colorado (États-Unis) et d’un de type B prélevé en 2013 à Phuket (Thaïlande).

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